Le courrier de Stephane Raimbault et un article sur Ouest-France
Communiqué du 2 avril 2010
Stéphane Raimbault Europe Ecologie, Angers
Terra Botanica non grata
L'avenir pousse en Anjou, les mauvais projets aussi. A quelques heures de l'inauguration de Terra Botanica, il est encore temps pour les écologistes de s'interroger. Avions-nous besoin d'un parc à thème en Anjou ?
Cet investissement coûteux (104 millions d'euros en devis initial) atteindra-t-il lesobjectifs de fréquentation ?
Ne sera-t-il pas entièrement dépendant financièrement du ConseilGénéral ?
Ce jardin extraordinaire entraînera-t-il une dette également extraordinaire pourtous les contribuables du Maine-et-Loire ? Le choix d'un projet entre parc d'attractions et musée de l'horticulture ne va-t-il pas décevoir à la fois le grand public et les amoureux des plantes,avec le risque de n'attirer aucun des publics visés ?
Combien de campagnes publicitairesonéreuses faudra-t-il pour que le touriste anglais ou américain se décide à découvrir Terra Botanica après avoir visité les châteaux de la Loire ?
Bien sûr, le choix de la thématique, le végétal, nʼest pas pour nous déplaire. Nous savons que les professionnels qui vont travailler au parc chercheront de bonne foi à sensibiliser le public, les scolaires, aux merveilles de la nature.
Mais, ne nous y trompons pas, Terra Botanica est dʼabord une entreprise commerciale de divertissement, ce nʼest pas du tourisme durable.
Dʼailleurs, le gigantisme et les superlatifs se marient mal avec lʼécologie (Small is beautiful). Les parcs à thème,
aussi grandiose soient-ils, se ressemblent tous : sommé de se divertir en suivant les allées, assigné à lʼémerveillement en des moments et des lieux choisis par dʼautres, lʼhomo touristicus garde le droit dʼouvrir son porte-monnaie, avec précision et régularité.
Voilà une caricature qui vaut bien celle des prospectus du Conseil Général.
Les Nations Unies ont déclaré 2010 "Année internationale de la biodiversité."
Qu'aurions-nous pu faire avec 100 millions d'euros pour protéger un peu cette biodiversité dans le Maine-et-Loire ?
Quel paradoxe de mettre sous cloche un jardin, de demander aux habitants du département de payer pour voir la nature, alors qu'une autre nature, celle de leur cadre de vie est de plus en polluée et détruite.
Le 10 avril, 1er jour dʼaccueil du public, nous invitons tous les Angevins à se rendre dans les forêts, près des rivières et des étangs les plus proches de leur domicile, pour profiter de cette nature libre et gratuite qui ne demande quʼà être protégée.